Pour l’entrepreneur qui souhaite se lancer, une inconnue fondamentale se pose dans toutes les équations : mon projet correspond-il aux attentes, aux besoins du marché que je souhaite attaquer ?

Pour y répondre, certains ne jurent que par l’instinct, cette petite voix qui répète sans cesse que oui, cela marchera. Puis il y a les études de marché, les sondages d’opinion : des démarches certes utiles mais lourdes et coûteuses. D’où cette tendance récente, le crowdsourcing, qui voit les entreprises créer et tester en temps réels de nouveaux services et produits en collaboration directe avec des clients via Internet.

Une concertation en temps réel

Plus question ici de se limiter à inviter quelques consommateurs-clés ou autres leaders d’opinion pour discuter du projet : la question est directement posée à plusieurs centaines, voire milliers de personnes, notamment via les réseaux sociaux. Dans certains cas, comme avec le portail eYeka (une plateforme marketing qui permet aux entreprises de lancer leurs propres concours), on ouvre la possibilité à quiconque le souhaite de proposer un nouveau produit ou service, à l’entreprise de sélectionner ensuite la meilleure proposition. La démarche semble à priori particulièrement avantageuse pour l’entreprise : inutile de recourir aux onéreuses études de marché et, théoriquement, moins de risques d’échouer lourdement en tentant sa chance au hasard.

Un modèle non sans risque

Cependant, le fait d’externaliser le processus créatif d’une entreprise n’est pas sans risque : cela peut diminuer « son ADN », au risque de démotiver une partie du personnel qui aura l’impression de moinsparticiper à la création de quelque chose. Les consommateurs ne sont également pas toujours réellement à même de définir leurs besoins, et une fois confrontés au produit final, le succès de masse n’est plus au rendez-vous. Il importe en outre de trouver les bons incitants pour pousser les clients potentiels à participer au processus créatif : cadeaux, bons de réductions, primes, le choix est vaste mais les garanties de retour sur investissement sont très minces.

Pas pour tous les domaines

La démarche présente donc beaucoup d’intérêt mais n’est pas valorisable de la même manière d’un secteur à l’autre, d’une taille de marché à une autre ou encore du cycle de vie de l’entreprise. Un groupe comme Coca-Cola peut par exemple très facilement tirer profit de l’expérience en lançant un produit imaginé par sa clientèle : un éventuel échec commercial sera ainsi compensé par les gains en réputation et la communauté créée lors du projet. Le crowdsourcing est en outre particulièrement adapté pour le secteur culturel, comme lors du financement de films, documentaires, voire de reportages par exemple. 

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