Nous l’avions vu dans notre article dédié au Made in Belgium, la chimie est l’une des fierté de notre pays ! Corine Petry, Directrice de la Communication chez Essenscia, la Fédération belge des industries chimiques et des sciences de la vie, dresse un état des lieux du secteur en Belgique.

Pourquoi ce secteur a-t-il autant de succès ?

Tout d'abord, il existe une tradition ayant démarré avec des pionniers tels Ernest Solvay (chimiste et industriel) et Léo Baekeland (inventeur de la première matière plastique).

Ensuite, le port d'Anvers s'est développé et de nombreux pipelines relient Anvers à Feluy pour descendre jusqu'en Allemagne et ainsi établir des interconnections déterminantes au développement du secteur. Celui-ci emploie 250.000 personnes en Belgique: 90.000 travailleurs directs et 160.000 indirects (logistique, maintenance, IT).

La Belgique se situe également au cœur de l'Europe et possède deux aéroports stratégiques (Bruxelles et Liège) disposant d'une accréditation pour transporter les produits pharmaceutiques en garantissant le maintien de leur température.

Enfin, la main d'œuvre belge est qualifiée. De nombreux chercheurs renommés ont été formés en Belgique et les réseaux d'universités et d'hôpitaux dopent la recherche au quotidien.

Quels sont les enjeux au sein du secteur de la chimie ?

Premièrement, la garantie d'une concurrence équitable entre les différentes entreprises. Sachant que le secteur est exposé à l'international et en compétition permanente, il est important de jouer sur un même pied d'égalité.

Ensuite, vu que l'énergie peut représenter 50% des coûts de production (matière première en chimie) et que son prix est 35% plus élevé que chez nos voisins (source : essencia), il est indispensable d'en réduire la consommation et d'être pionnier en efficacité énergétique. 

Troisièmement, il faut privilégier l'innovation pour relever des défis sociétaux comme fournir de l'eau de qualité à un maximum de personnes ou combattre le réchauffement climatique. En 2015, les dépenses en innovation atteignaient 3,6 milliards d'euros en Belgique, soit plus de la moitié du budget R&D du secteur privé.

Quels conseils donner aux entrepreneurs souhaitant se lancer ?

La première condition est de proposer une solution innovante et de garantir son succès lors de sa mise sur le marché.

Deuxièmement, les coûts relatifs à la R&D doivent être pris en compte. Développer une molécule peut prendre 15 ans et le succès n'est pas toujours garanti.

Enfin, faites appel aux organismes de soutien tels 'Greenwin' (spécialisé en chimie verte), 'Biowin' (axé sur la santé en Wallonie) et sondez ce qui se passe à l'étranger en sollicitant les agences à l'exportation telles l'AWEX. 

Quels sont les risques à prendre en compte ?

Dès qu'il est question d'innovation, vous devez cadenasser votre projet. Il est important d'avoir une stratégie pour éviter de vous faire court-circuiter. Essenscia dispose d'une cellule brevet qui propose des formations en propriété intellectuelle, prodigue des conseils personnalisés aux entreprises et offre des outils pour protéger l'innovation.

Corine Petry

Contributeur:

Corine Petry

Corine Petry est Directrice de la Communication chez essenscia, fédération qui officie en tant que porte-parole des sociétés auprès des autorités publiques. Son but est de garantir des conditions favorables pour permettre aux entreprises de rester compétitives. 

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