L’économie partagée a plus que jamais le vent en poupe, en atteste le succès d’entreprises telles qu’Airbnb, Uber et BlaBlaCar. Avec les ReBelles d’Anvers, il existe maintenant un concept semblable pour l’industrie de la mode : un magasin de prêt ou « bibliothèque de vêtements » où il est possible d’emprunter des habits, comme dans une vraie bibliothèque. Veerle Spaepen, qui a co-initié Les ReBelles avec son amie Emelie Vervecken, nous en dit plus sur le comment, le quoi et le pourquoi du projet. 

Le vêtement comme un article à usage unique

Un vêtement de qualité, durable et conçu de manière équitable coûte de l’argent. La surabondance de vêtements bon marché, produits par les multinationales de la mode dans les pays du tiers-monde et vendus chez nous à prix planchers, a veillé à ce que les vêtements soient vus de manière croissante comme des articles à usage unique.

Simultanément, le succès de ces chaines mène également à une situation qui devient intenable pour les plus petits acteurs et producteurs locaux. C’est précisément là que Veerle Spaepen voulait agir avec sa boutique de prêt.

« J’ai entendu parler de l’idée d’une bibliothèque de la mode via mon travail à Vlaanderen Circulair, une plateforme de promotion de l’économie circulaire. J’en ai alors parlé à mes amies et, puisque le concept était encore inconnu en Belgique, j’ai décidé de sauter le pas avec Emelie Vervecken ». 

Le choix de la durabilité et de la qualité

Les ReBelles ne veut cependant pas seulement être une bibliothèque de vêtements. En mettant l’accent sur des vêtements de qualité, durables et produits localement, elles donnent un coup de pouce aux designers belges et aux talents locaux prometteurs. Cela ne signifie pas pour autant que la mode étrangère n’y trouve pas sa place : des marques internationales et revendiquées durables telles qu’Anne Gorke ou Filippa K font partie de l’offre.

Comme Spaepen l’explique, « notre critère le plus important est de ne fabriquer aucun habit. En d’autres mots, nous ne travaillons qu’avec des vêtements sortis du marché – surplus, stocks, échantillons ou pièces de la saison dernière – qui seraient donc perdus, une chose qu’aucune de nous deux ne peut accepter. Beaucoup de marques restent après coup avec de tels vêtements sur les bras : c’est donc gagnant-gagnant. ». 

... et une alternative au fast fashion

Se baser sur des anciennes collections ne pose-t-il pas un problème quand il s’agit de travailler dans l’industrie de la mode qui est, par définition, très tendance et instable ? « Les saisons sont un moyen d'obtenir beaucoup de roulement pour les marques de mode. Elles ont toujours été très relatives pour nous et l’expérience semble le confirmer. Les clients ne viennent pas avec l’idée fixe qu’ils recherchent uniquement la nuance de violet de cette saison. D’ailleurs, ils ne se rendent souvent même pas compte que les pièces proviennent de collections passées. Il s’agit en outre de pièces créées dans le but d’être portées durant plusieurs années.

Par ce choix, les fondatrices se rebellent donc également contre le fast fashion – cette mode bon marché conçue pour se détériorer rapidement et souvent réalisée dans de piètres conditions humaines – et contre le concept des vêtements en tant qu’articles à usage unique. « Le but n’est pas de dire que les gens se comportent mal, mais bien de leur montrer de manière positive qu’ils peuvent également choisir d’autres créateurs ».

Le « problème » de tels vêtements est qu’ils s’accompagnent inévitablement d’un certain prix. Ceci constitue peut-être justement la plus grande force de Les ReBelles : grâce à son système de prêt – qui vous permet d’emprunter des vêtements, que ce soit une fois ou de manière illimitée, pour un montant forfaitaire – tout le monde peut en profiter sans pour autant dépenser de grosses sommes d’argent. « Cela aussi fait partie de l’esprit « Les ReBelles » : être chaque jour à nouveau belle ou « re-belle » et ce, de manière abordable et durable ! », conclut Spaepen. 

Veerle Spaepen

Veerle Spaepen

Veerle Spaepen est chef de projet chez Vlaanderen Circulair, une plateforme de promotion de l’économie circulaire où elle s’occupait, entre autres, du projet Close-the-Loop. Elle accompagne également les entreprises dans leur recherche d'un modèle commercial plus durable. Emelie Vervecken a longtemps travaillé dans l’industrie cinématographique et est actuellement corporate affairs director au sein de l’agence de communication stratégique Growth Inc. Elle est également fondatrice de MLE-agency, une agence qui soutient les entrepreneurs dans le développement de leur business et les relations publiques.

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