L’actualité récente a fait état de l’augmentation constante des chiffres d’absentéisme en Belgique, et ce chez les plus vieux comme chez les jeunes. La part des absences de longue durée (plus d’un an) est en hausse : alors qu’elle s’élevait à 25 % en 2001, elle représentait déjà 41 % du pourcentage de maladie total au premier semestre de 2018Qu’est-ce qui explique cette progression continue, y a-t-il des différences entre les diverses catégories d’âge, et qu’en est-il de l’absentéisme chez les indépendants ? Heidi Verlinden, spécialiste RH chez Securex, donne des explications.

Absentéisme : quelques chiffres généraux

Le pourcentage de maladie total au sein des entreprises belges du secteur privé comptant jusqu’à 1 000 travailleurs est passé de 6,70 % au premier semestre de l’année dernière à 6,93 % au cours des six premiers mois de 2018. Ce sont surtout les pourcentages de maladie de courte durée (moins d’un mois) et de longue durée (plus d’un an) qui ont enregistré une hausse de respectivement 6 % et 4 % ; le pourcentage de maladie de moyenne durée (d’un mois à un an) est quant à lui resté stable. Autre constat notable est que les jeunes travailleurs sont également plus souvent absents pour une longue durée.

L’absentéisme chez les indépendants

Les chiffres spécifiques aux indépendants révèlent que ceux-ci sont beaucoup moins absents que les travailleurs salariés : d’après des chiffres de Securex datant de 2013, pas moins de 96 % des indépendants auraient déjà travaillé en étant malades, contre 71 % pour l’ensemble des travailleurs. La raison principale est évidente : pour un indépendant, ne pas travailler revient souvent à ne pas gagner d’argent. Le fait de continuer à travailler n’est pas mal en soi, tant qu’il ne s’agit pas d’affections graves. En revanche, s’il s’agit d’une maladie critique, continuer à travailler peut conduire à long terme à une aggravation de l’affection et à des absences de plus longue durée. Les indépendants doivent donc veiller à ne pas faire passer leur travail avant leur santé. Une assurance revenu garanti peut être une solution salutaire dans ces cas-ci.

Mais cette crainte d’une perte de revenus n’est pas la seule raison invoquée par les indépendants pour justifier le fait qu’ils continuent à travailler : la passion, la motivation et le sens de leur activité jouent aussi un rôle.

Les causes...

Il est évident que l’absentéisme croissant s’explique en grande partie par le vieillissement de la population active. Le taux d’absentéisme plus élevé chez les jeunes est dû quant à lui à deux facteurs : les problèmes psychiques, d’une part, et les problèmes physiques, d’autre part. Pour ce qui est des problèmes psychiques, nous observons surtout une nette augmentation des burn out ces dernières années ; il y a également la dépression et les troubles anxieux. Les problèmes physiques prennent quant à eux surtout la forme de douleurs à la nuque, aux épaules, lombaires etc. Ces douleurs s’expliquent à leur tour par un mode de vie sédentaire – manque d’exercice physique et/ou position assise prolongée – mais peuvent aussi être une conséquence du stress. Parmi les « jeunes » travailleurs, ce sont surtout les trentenaires qui sont vulnérables à ces problèmes.

… et les différences

On observe aussi d’importantes différences en matière d’absentéisme. Ainsi, nous constatons en général que plus l’entreprise est petite, moins les absences y sont fréquentes. Par contre, lorsqu’un travailleur de ce type d’entreprise est absent pour maladie, c’est souvent pour une plus longue période. Cette tendance se manifeste clairement dans les micro-entreprises (moins de cinq travailleurs). Il y a deux explications à cela : premièrement, les travailleurs de ces petites organisations sont souvent impliqués plus personnellement dans leur travail et sont donc plus motivés ; deuxièmement, une absence dans un tel environnement se fait beaucoup plus remarquer et sentir que dans une grande entreprise, ce qui dissuade les travailleurs d’être absents.

Au contraire, plus une PME est grande, plus les absences sont fréquentes, mais moins elles durent : l’entreprise ayant davantage de possibilités pour compenser les absences, tant sur le plan financier qu’au niveau humain, les travailleurs hésitent moins à être absents pendant une journée. Ce qui contribue peut-être à son tour à prévenir des problèmes plus graves. Enfin, pour ce qui est des grandes entreprises (500 travailleurs et plus), nous constatons qu’elles sont confrontées aussi bien à des absences fréquentes qu’à des absences de longue durée.

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Heidi Verlinden

Heidi Verlinden

Heidi Verlinden a étudié la psychologie organisationnelle et les sciences du travail aux universités de Leuven et Toulouse. Elle travaille chez Securex depuis 1996, d’abord comme consultante RH et actuellement comme experte en études, et est également professeure invitée de « bien-être et absentéisme » à la haute école Odisee.