Après l'horeca, les « flexi-jobs » font leur apparition dans le commerce. À qui s'adressent-ils ? Quelles sont les différences avec un emploi ordinaire ? Avec quels avantages pour l'employeur ? Philippe De Backer, Secrétaire d'État à la Lutte contre la fraude sociale, nous en dit plus. 

En quoi consistent les flexi-jobs et à qui s'adressent-ils ?

Les flexi-jobs sont une forme d'emploi relativement nouvelle qui permet à l'employé d'effectuer des petits travaux de manière légale et avantageuse (car non taxée). En 2015, la formule a été instaurée dans l'horeca, et depuis cette année, elle est autorisée aussi dans d'autres secteurs. Grâce à ce régime, l'employeur peut engager rapidement, avec flexibilité. « Les flexi-jobs sont destinés aux secteurs qui nécessitent beaucoup de main-d'œuvre, connaissent des pics d'activité et ont du mal à recruter », explique le Secrétaire d'État De Backer. « Qui peut en bénéficier exactement ? Cela dépend des commissions paritaires, mais il s'agit notamment de la restauration, des boulangers, des bouchers, des petits commerces, des supermarchés et des salons de coiffure. »

Ces établissements sont souvent confrontés à des pointes d'activité. « Songeons par exemple aux jours de fête et aux événements », précise De Backer. « L'horeca, un secteur où il est notoirement difficile de trouver du personnel, est par ailleurs sensible à la météo. Les cafés et restaurants ont donc besoin de personnel fixe mais aussi de personnel occasionnel en fonction des circonstances. Les flexi-jobs sont la réponse idéale à ce besoin. » 

Quand peut-on faire appel aux flexi-jobs ?

Le Secrétaire d'État donne d'autres exemples concrets de situations où l'on peut faire appel aux flexi-jobs. « C'est l'été, il fait beau, les gens sortent leur barbecue. Les bouchers et supermarchés voient leurs ventes grimper en flèche. Leur personnel fixe ne suffit pas à la tâche. Eh bien, désormais, ils peuvent trouver très rapidement (même une heure à l'avance) de la main-d'œuvre flexible pour absorber ce pic. » 

« Il y a aussi les jours fériés. Cette année, les réveillons de Noël et de nouvel an sont tombés un dimanche. De nombreux commerces sont restés ouverts exceptionnellement. Mais tous les employés n'apprécient pas de devoir travailler un jour de fête. C'est là qu'interviennent les flexi-jobbers, à ce moment en congé de leur emploi principal. Les flexi-jobs apportent aussi une solution en cas de pénurie d'étudiants jobistes, par exemple en période d'examens. »

Quels sont les avantages ?

Avec les flexi-jobs, toutes les parties sont gagnantes, estime De Backer : « Pour le travailleur, c'est l'occasion de gagner un peu plus sans être taxé. L'employeur, de son côté, aura accès à un réservoir de personnel flexible. J'ajoute que le flexi-job est illimité en termes d'heures. C'est aussi une bonne solution pour l'indépendant qui, auparavant, ne pouvait pas se permettre financièrement d'engager un temps partiel pour le week-end. Le flexi-job intervient seulement quand il y a assez ou trop de travail. Plus question de chômage économique, d'heures de pointe et de creux, d'adaptation des horaires, etc. »

Comment engager quelqu'un ?

Si vous souhaitez engager quelqu'un dans le régime flexi-job, vous devez lui soumettre à la fois un contrat-cadre et un contrat de travail. Un contrat-cadre précise l'identité des deux parties, la description de la fonction et la rémunération. Un contrat de travail peut être oral ou écrit, à temps partiel ou à temps plein, pour une durée déterminée ou une mission délimitée. 

Pour embaucher, vous devez naturellement disposer d'un numéro ONSS et vous inscrire auprès de la Sécurité sociale. Si ce n'est pas encore fait, rendez-vous sur www.socialsecurity.be.

Ensuite, à l'entrée en service de l'employé et à son départ, vous devez déposer à l'ONSS une déclaration Dimona (Déclaration Immédiate/Onmiddellijke Aangifte), sur le portail qui vous permet de communiquer rapidement le statut de votre personnel par la voie électronique. Vous pouvez aussi passer par le site socialsecurity.be. Allez à ‘Entreprise’ et ‘Relations de travail – Dimona’. Choisissez le type ‘FLX’ et la commission paritaire ‘XXX’. Vous pouvez ensuite spécifier une dimona pour un jour ou pour une période déterminée. 

Pour en savoir plus, vous pouvez vous adresser à votre secrétariat social. L'ONSS propose aussi un dépliant pratique que vous trouverez ici.

Et l'aspect fiscal ?

L'intérêt des flexi-jobs ne se situe pas seulement dans la possibilité de recruter avec rapidité et flexibilité : le système est aussi avantageux sur le plan fiscal. L'employeur ne paie qu'une cotisation patronale de 25%. Les cotisations de sécurité sociale normales et le précompte professionnel ne sont pas prélevés. 

La formule est aussi intéressante pour le travailleur. Sans cotisations personnelles ni précompte professionnel, il peut garder tout ce qu'il a gagné. 

Philippe De Backer

Philippe De Backer

Docteur en biotechnologie, Philippe De Backer a participé durant ses études au Liberaal Vlaams Studentenverbond et au groupe de réflexion Liberales. De 2008 à 2010, il a siégé au conseil communal de Kapellen, avant d'être élu au Parlement européen. Depuis mai 2016, il est Secrétaire d'État à la Lutte contre la fraude sociale, à la Protection de la vie privée et à la Mer du Nord.