Les placements éthiques et durables rencontrent un bel engouement auprès du grand public. Ils constituent également une opportunité pour les nouveaux entrepreneurs souhaitant se financer autrement. Solidaire et responsable, ce mode de financement a ses atouts mais aussi ses règles. Le point avec Laurence Roland, de chez Financité, qui accompagne le développement économique des initiatives citoyennes en Belgique.

En quoi consiste la finance solidaire ?

Même si l’un n’exclut pas l’autre, il convient de distinguer et de définir « appel public à l’épargne » et « finance solidaire ». L’appel public à l’épargne (sous forme de prêts ou d’investissements) par une jeune entreprise est plutôt générique et vaut pour tout type d’entreprise et/ou cœur de métier. La finance solidaire concerne, elle, le financement de secteurs œuvrant en faveur de la cohésion sociale. Elle permet de faire se rencontrer :

  • des particuliers désirant placer de l’argent dans des projets à forte plus-value sociale, environnementale et/ou culturelle ;
  •  des entrepreneurs souhaitant financer leur entreprise active dans des secteurs donnés.

Ces secteurs sont essentiellement :

  • la mobilité ;
  • les énergies renouvelables ;
  • l'alimentation bio et le circuit court ;
  • le commerce et l’artisanat
  • la finance responsable (microcrédits, banques coopératives…) ;
  • culture et médias ;
  • immobilier social ;
  • tout autre service à haute valeur sociale.

Un exemple ? L’asbl de promotion et d'exploitation de films Les Grignoux, qui a été chercher auprès du grand public pas moins de 650.000 euros.

Les avantages du financement auprès du grand public

Financer son entreprise auprès du grand public, c’est l’occasion de :

  • Diversifier ses sources de financement.On peut ainsi aller trouver son banquier en disposant déjà de fonds propres et bénéficier de taux d’intérêt plus intéressants (1% pour l’obligation des Grignoux évoqués ci-dessus) ;

  • Créer une communauté. Les premiers investisseurs sont bien souvent les premiers clients, mais aussi les ambassadeurs d’une entreprise ;

  • S’appuyer sur des incitants fiscaux, spécifiques à ce type d’investissements. L’entrepreneur qui démarche auprès du grand public ne doit pas hésiter à faire valoir ces réductions en faveur de l’investisseur.

Des produits financiers responsables

Entre autres instruments d’investissement direct de la finance solidaire on citera les plus courants : les parts de sociétés coopératives et les obligations auprès des asbl. En plus de ces deux types de produits, il peut aussi s’agir de fonds de placement bancaires ou de comptes d’épargne. Pourvu que, à terme, l’argent soit toujours destiné à l’économie sociale.

Risques et pénalités

Comme tout produit financier - à part les comptes d’épargne réglementés - le financement solidaire comporte quand même sa part de risques. Dans ce cas-ci, on investit dans une entreprise avec ses hauts et ses bas.

De plus, l’appel public à l’épargne comme la finance solidaire ne s’improvisent pas. Les pratiques sont encadrées par la loi ou encore par des organismes tels que la FSMA (contrôle des marchés financiers) ou encore le CNC (Conseil National de la Coopération). Qui dit « réglementation », dit aussi « pénalités » en cas de non-respect. La responsabilité civile de l'entrepreneur peut donc être engagée.

L’accompagnement des coopérateurs et entrepreneurs

Tant l’investisseur en quête de garanties quant à l’emploi de son argent que l’entrepreneur dans ses démarches d’appel public à l’épargne peuvent être accompagnés. C’est l’une des missions de Financité. Pour ce faire, des outils ont été développés :

  • des formations et consultations juridiques (gratuites en région de Bruxelles-Capitale. Cette gratuité devrait s’étendre sous peu à la Wallonie) ;

  • des guides (un guide de l'investisseur), reprenant les divers produits et risques ainsi qu’un guide à l’attention de l’entrepreneur. Ce dernier est en cours de réédition vu que la législation bouge bien pour le moment) ;

  • un moteur de recherche à l’attention des coopérateurs pour correspondre à leurs divers critères lors de la sélection de l’entreprise dans laquelle investir (secteurs, produits, promoteurs de ces produits, lieux…) ;

  • le label de finance solidaire Financité & FairFin certifie la qualité sociétale des produits financiers solidaires. En date d’octobre 2016, 58 produits (répartis entre 31 coopératives et 4 asbl) ont obtenu le label.

Enfin, chaque année, Financité décerne le Prix de l’investissement solidaire, avec à la clé 2.500 euros investis auprès de l’entreprise promotrice du produit le plus plébiscité par les internautes.

Laurence Roland

Contributeur:

Laurence Roland

Laurence Roland est coordinatrice communication et plaidoyer chez Financité. Cette asbl pluraliste accompagne le développement économique des initiatives citoyennes en Belgique.

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