Les start-ups connaissent des stades de vie successifs. On parle souvent de « jeunes pousses » pour désigner ces entreprises fraîchement nées. Et pour cause : au départ à l’état de graine, elles vont évoluer progressivement en un bel élément de notre paysage entrepreneurial. Pierre de Waha, Investment Manager chez Nivelinvest, la société d’investissement et de financement du Brabant Wallon, explique les phases de leur développement et comment elles peuvent continuer à évoluer une fois la maturité atteinte.

Définir le type d’investisseur selon les divers stades de vie de son entreprise

« Le type d’investisseur auquel fera appel une start-up va dépendre de son degré de maturité, du niveau de risque, ainsi que des montants à investir dans l’entreprise », explique Pierre de Waha.

Avant d’arriver à maturité, une start-up passe par divers stades de vie :

  • la phase d’amorçage (« Seed capital »). C’est le stade des idées, de la R&D et du prototypage. L’entrepreneur compte ici surtout sur du financement de type 3F (Family, Friends & Fools, c’est-à-dire en provenance de son entourage) ou crowdfunding ;

  • la phase de démarrage ou création (« Early development »). A ce stade, le business plan tient la route et les premières commercialisations ont lieu. La levée de fonds se fait davantage via les business angels, mais aussi via le crowdfunding, les pôles public et semi-public ou encore - mais moins répandu à ce stade - via le Venture Capital. Un Venture Capitalist ou « investisseur en capital-risque » est une personne qui injecte du capital au sein de sociétés non cotées, qui sont en phase de démarrage ou de création et qui ont besoin de capitaux afin de financer leur lancement. Etant donné le stade dans lequel se trouve l’entreprise, il s’agit donc d’un investissement à risque ;

  • les phases de croissance (« Early growth ») et développement (« Fast growth »). Ici, le chiffre d’affaires commence à exister et l’on dispose d’une base de clientèle. Afin de financer sa croissance, l’entreprise fera surtout appel à des Venture Capitalists et des fonds publics et semi-publics. Les banques entrent aussi dans la boucle. A ce stade, l’entreprise n’est plus considérée comme une start-up.

Arrive enfin la phase de maturité (« Consolidation »). A ce stade, le risque est plus modéré pour l’entreprise. On se tourne alors surtout vers les banques ainsi que les fonds publics et semi-publics pour obtenir un financement.

Établir une structure managériale pour gagner en professionnalisme et en légitimité

Arrivée à maturité, une entreprise nécessite une structure afin de se développer. Pour ce faire, elle peut mettre en place :

  • la représentation des investisseurs au sein du conseil d’administration : cela permet de renforcer l’implication tant du chef d’entreprise que de l’investisseur et de créer une synergie entre ceux-ci ;

  • un administrateur indépendant : il a le mérite d’enrichir le conseil d’administration avec de l’expertise. Il n’est pas lié aux bénéfices de l’entreprise, ce qui est gage de neutralité dans ses conseils et prises de décision ;

  • un président du conseil d’administration : dans bien des cas, cette casquette revient à l’administrateur indépendant, celui-ci exerçant un rôle-clé entre le conseil d’administration et le management de l’entreprise ;

  • des comités : d’audit, scientifique ou encore, si la société a déjà pris de l’ampleur, un comité stratégique ;

  • une structure au sein du management : désigner un CFO, un CTO ou encore un responsable des ventes, c’est œuvrer à la stratégie en même temps qu’au développement de l’entreprise.

Définir une structure permet ainsi de professionnaliser la gouvernance de l’entreprise. De plus, cela permet de gagner en légitimité, tant auprès d’investisseurs potentiels que des divers acteurs avec qui l’entreprise va entamer ou poursuivre des relations commerciales.

Consolider la position de l’entreprise

Au stade de la maturité, des réflexions stratégiques vont également avoir lieu pour consolider la position de l’entreprise : « Le questionnement porte sur la façon d’accélérer le développement. C’est aussi le moment d’envisager d’autres projets qui vont servir ce déploiement. Pour ce faire, il faut continuer à démarcher les investisseurs car recourir à l’autofinancement prendrait plus de temps. Les investisseurs vont – en assurant du renfort sur les fonds propres de l’entreprise – exercer un effet levier, et susciter ainsi l’intérêt d’autres investisseurs, dont les banques ».

 

DE-WAHA Pierre

Pierre de Waha

Pierre de Waha est, depuis 2007, Investment Manager chez Nivelinvest, la société d’investissement et de financement du Brabant Wallon. Avant cela, il a occupé la même fonction chez Fortis Private Equity, pendant 7 ans. Dans chacune de ses missions, il œuvre au soutien et au développement des PME’s. Pierre de Waha, qui a un background en économie et finance, a débuté comme consultant chez Ernst & Young et a ensuite été CFO chez Decathlon.