Lorsque nous avions rencontré Koen De Leus et Philippe Gijsels, Chief Economist et Chief Strategy Officer chez BNP Paribas Fortis, fin 2016 pour leur demander quelles étaient leurs prévisions macroéconomiques pour cette année, ils s’étaient montrés relativement pessimistes. Il faut dire que le choc du Brexit n’était pas loin  et que plusieurs élections européennes se profilaient à l’horizon. Six mois plus tard, la donne a changé : les scénarios les plus sombres semblent écartés - temporairement du moins - et la vague nationaliste anti-européenne est retombée. Mieux encore : les marchés ont renoué avec la confiance ! Faisons donc le point et jetons un rapide coup d’œil sur ce que nous réserve le reste de l’année. 

Consommation en hausse

Premier constat : après plusieurs années de stagnation, l’inflation est doucement repartie  à la hausse depuis l’an dernier. Ce qui a une double répercussion : d’une part, les entreprises peuvent vendre leurs produits ou services plus cher, et d’autre part, le pouvoir d’achat du consommateur s’en trouve érodé puisqu’il peut acheter moins avec la même somme.

 

Ce qui est frappant cependant aujourd’hui, c’est qu’au lieu d’acheter moins, les gens achètent plus… Pourquoi ? Parce qu’ils ont davantage confiance dans l’avenir et consacrent moins à l’épargne préventive. Le taux d’épargne est donc en baisse - un phénomène qui s’explique également par les taux d’intérêt exceptionnellement bas que nous connaissons depuis plusieurs années : le rendement de l’épargne est aujourd’hui nul. 

Plus d’investissements

A plus long terme, on prévoit une hausse des salaires nominaux (c’est-à-dire une augmentation des salaires indépendamment de l’inflation) en raison de la diminution du chômage. L’explication est logique : dans certains pays comme l’Allemagne certainement, mais aussi peu à peu la Belgique, le taux de chômage est déjà assez bas, et même proche  du taux de chômage structurel. Dès lors, la concurrence pour attirer des collaborateurs qualifiés va jouer entre les entreprises et celles-ci devront proposer des salaires plus élevés pour convaincre les candidats qu’elles veulent avoir de les rejoindre.

 

Chez nous, la plupart des entreprises affichent déjà un taux d’occupation assez élevé. Ce qui veut dire que toutes les machines tournent à plein régime ! Si elles veulent vendre plus, les entreprises n’auront d’autre choix que d’étendre leur capacité de production et devront investir dans du matériel complémentaire ou supplémentaire. En d’autres termes, l’on a aujourd’hui atteint un niveau où, en plus des investissements de remplacement, il va falloir procéder à des investissements supplémentaires pour soutenir l’expansion de l’activité. Autant de signes qui attestent l’amorce d’une spirale positive, qui va à son tour stimuler la consommation domestique et contribuer à un redressement durable de l’économie européenne.

L’entrepreneur en action ?

Pour les petits entrepreneurs ou les entrepreneurs débutants, ce sont de bonnes nouvelles  : dans un climat favorable à l’investissement et placé sous le signe d’un regain de confiance et d’une augmentation de la consommation, il est beaucoup plus facile de trouver des investisseurs et des clients que dans un environnement de basse conjoncture, où les investissements sont limités et où la confiance du consommateur fait défaut. Grâce aux opportunités technologiques, jamais il n’a été aussi facile de fonder une entreprise. Un ordinateur, une connexion Internet et le monde est à vos pieds. Alors, n’est-ce pas le bon moment pour se lancer ? 

Koen De Leus

Contributeur:

Koen De Leus

Koen De Leus est économiste en chef chez BNP Paribas Fortis. Licencié en sciences commerciales de l’EHSAL, il a été auparavant analyste boursier  et économiste en chef chez  De Tijd, puis senior économiste chez KBC. Il est également l’auteur de trois ouvrages : « Les règles d’or en bourse, « Au pays des vieux » et plus récemment « L’économie des gagnants ».

Confirmer