S'il est un seul aspect commun à l'ensemble des projets actuels de nos entrepreneurs, c'est bien la durabilité et l'impact climatologique de nos bâtiments. La construction devient un secteur toujours plus technologique, ce qui pourrait à terme devenir l'atout majeur des entreprises belges face à la concurrence des acteurs étrangers sur notre marché. Mais il faut d'abord que les coûts salariaux diminuent.

Une nouvelle gestion de l'énergie

La durabilité et l'impact climatologique des bâtiments est un élément clé des projets actuels de nos entrepreneurs.
Au niveau de la construction de nouveaux bâtiments, les exigences en matière de gestion de l'énergie se veulent toujours plus strictes. Du fait de la législation sur la performance énergétique dans les trois régions, la construction neuve est soumise à de nouvelles exigences PEB en termes d'isolation thermique, de performances énergétiques et de climat intérieur. Une directive de l'Union européenne stipule que d'ici 2021, tous les nouveaux bâtiments en Europe devront être 'quasi neutres en énergie' (QNE).  En effet, les bâtiments absorbent pour l'instant 40% de l'ensemble de l'énergie consommée en Europe et sont responsables de 36% des émissions de gaz à effet de serre.  

Des techniques innovantes

Dans notre pays également, le potentiel qu'offrent les objectifs climatiques via une utilisation rationnelle de l'énergie dans nos bâtiments est énorme. Ces dernières années, nous constatons que nos entreprises réussissent à construire des bâtiments QNE qui sont à ce point originaux qu'ils nécessitent le recours à des techniques particulièrement innovantes à tous les stades du processus de construction. Constructions étanches à l'air, ventilation moderne, chauffe-eau solaires, pompes à chaleur, panneaux solaires, bâtiments à structure en bois, impression 3D : il ne se passe pratiquement aucun jour sans que de nouveaux systèmes et technologies apparaissent sur le marché. 

Une concurrence accrue

Cette évolution présente encore un autre avantage. Le secteur belge de la construction est confronté ces dernières années à une concurrence accrue – et souvent déloyale – de la part d'acteurs étrangers, avec les conséquences que l'on connaît. En raison du phénomène de dumping social, pas moins de 17.000 emplois belges ont été perdus dans le secteur au cours des dernières années. La construction et la rénovation respectueuses de l'énergie offrent à ce niveau un potentiel énorme. Nos entreprises développent d'ores et déjà des techniques innovantes susceptibles de relever de tels défis. Peut-être ces technologies leur offriront-elles précisément l'avantage concurrentiel recherché face aux entreprises étrangères ? 

Des coûts élevés

Reste qu'il conviendrait de s'attaquer au problème des coûts salariaux dans notre pays. Une baisse sensible des charges sociales dans la construction se révèle indispensable pour permettre à nos entreprises de lutter à armes égales contre les entreprises provenant de pays où les charges sociales sont beaucoup moins élevées. Ce n'est qu'alors que nos entreprises pourront faire valoir leur valeur ajoutée spécifique.

Robert de Muelenaere

Contributeur:

Robert de Mûelenaere

Robert de Mûelenaere est administrateur délégué de la Confédération Construction. Cette organisation professionnelle défend les intérêts des 15.000 entreprises du secteur de la construction: indépendants, PME et grandes entreprises.

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