En 2019, microStart a franchi la barre des 1000 microcrédits en Wallonie. En cinq années de présence, l'organisme a soutenu plus de 850 entrepreneurs pour un total de plus de 7 millions d'euros. Bizcover a voulu en savoir plus sur cette institution de microcrédit professionnel et pour cela, le blog des entrepreneurs est parti à la rencontre de Silviu Cooper, coach pour microStart.

Le microcrédit pour les exclus du système bancaire classique

microStart a été fondé en 2011 par l'Association pour le Droit à l'Initiative Économique, BNP Paribas Fortis et le Fonds Européen d'Investissement, mais est activement présent en Wallonie depuis 2013. Cet organisme de microfinance soutient les exclus du système bancaire classique (tels que les petits indépendants, chômeurs, allocataires du CPAS, etc.) dans la création et le développement de leur activité en leur attribuant  des prêts de faible montant. En l'espace d'un peu plus de cinq ans, microStart a accordé plus de 1.000 microcrédits aux entrepreneurs wallons. Cependant, l'organisme est également présent en Flandre.

Depuis sa création, l'organisme a octroyé près de 4.350 microcrédits dans notre pays, pour un montant total de 32 millions d'euros, créant de facto environ 2.000 emplois nouveaux .

Être bénévole pour microStart

Silviu Cooper est Assistant Manager, mais depuis 2015, il est également actif comme bénévole pour microStart. « J’ai toujours eu l’envie d’aider les autres et microStart était l’occasion de le faire. Grâce à mes connaissances en commerce et marketing j’ai pu me tester à différents rôles au sein de l’organisation. Par exemple, j’ai donné des formations sur le marketing, sur le positionnement ou encore sur le placement de produit aux entrepreneurs qui souhaitaient se lancer et je les aidais à structurer leurs idées et leur projet. Actuellement, je suis plus sur le terrain, c’est-à-dire que je vais chez des entrepreneurs qui souhaitent un financement ou un refinancement. Je discute avec eux, j’analyse les problématiques et ensemble on essaye d’y répondre. Mon rôle en tant que bénévole microStart est d’éclairer l’entrepreneur sur la structure, la fiabilité et la logique de son projet afin qu’il se voit non seulement octroyer un quelconque financement, mais également pour garantir le succès futur de son entreprise.  »

Les challenges rencontrés

Une personne qui veut démarrer une petite entreprise ou qui veut devenir indépendante, ou encore un entrepreneur qui a besoin d’un prêt pour agrandir sa structure, peut introduire une demande de financement auprès de microStart. Un cas n’est pas l’autre et c’est la raison pour laquelle les challenges rencontrés par les bénévoles sont divers. « Chaque projet est différent et a ses propres défis. Je me rappelle d’un commerçant qui voulait ouvrir une poissonnerie, mais qui n’avait aucune structure. Il s’était présenté avec une feuille pour décrire son projet et n’avait rien d’autre avec lui. Pour la conseillère, cela était trop flou et j’ai donc accompagné ce commerçant en l’aidant à construire la structure qui lui manquait et en lui montrant par exemple ce qu’était un business plan afin de rendre son projet concret » explique Silviu Cooper. « Mon rôle est également de rapporter aux conseillers microStart si l’entrepreneur est prêt ou non à démarrer, s’il ne devrait pas attendre et suivre des formations afin de mieux se préparer et s’il ne devrait pas se réorienter avant de se lancer dans son projet. »

Le financement des entrepreneurs

Silviu Cooper n’a aucun accès au suivi financier du dossier de l’entrepreneur. Son intervention se fait avant le financement d’un nouveau projet ou le refinancement d’une entreprise déjà active. « Je suis intervenu dans le cas du refinancement d’un commerçant qui avait déjà obtenu un microcrédit de microStart. Celui-ci rencontrait des problèmes de trésorerie  et souhaitait être refinancé pour du matériel. microStart m’a envoyé sur place afin d’évaluer les conditions réelles du commerçant, vérifier sa trésorerie avec lui et voir comment il fonctionnait dans ses tâches. Ensemble nous avons pu retravailler tout cela et revoir le montant dont il avait besoin pour son commerce. J’ai rédigé un rapport sur base de mon analyse et des besoins du commerçant. Ce rapport est ensuite transmis à microStart et ils évaluent si oui ou non le projet peut être refinancé. »  

Une journée d’accompagnement

La journée d’accompagnement dépend du cas : si c’est un nouvel entrepreneur avec un tout nouveau projet, la rencontre entre ce dernier et le bénévole se fait au sein des bureaux de microStart. L’entretien est alors plus théorique, car on parle du projet et de sa structure. Dans le cas d’un refinancement ou du financement d’un projet déjà existant, la rencontre se fait en général chez l’entrepreneur même. « Je reçois un debriefing de microStart concernant le cas à analyser et les points à vérifier avec l’entrepreneur. Ensuite, je vais valider ces différents éléments avec lui et répondre à ses questions. Après avoir parlé du business on fait le tour du point de vente et j’analyse les points forts et le potentiel du commerçant afin de mettre tout cela dans mon rapport pour microStart, et ses points faibles afin de pouvoir l’aider à améliorer cela. »

La structure est importante

À tout entrepreneur qui souhaite être financé ou refinancé, Silviu Cooper conseille de bien se structurer, car cela permet de répondre à un certain nombre de questions avant de se lancer dans l’aventure. Plus on répond à des questions, plus on a des certitudes. La structure permet également de voir si son projet est réalisable ou non, et s’il ne faudrait pas s’orienter différemment.

0

Silviu Cooper

Silviu Cooper a obtenu un bachelier en marketing à la Haute École Mosane. Avant de travailler comme assistant manager chez Lidl, il était Commercial Advisor chez BNP Paribas Fortis. Depuis quelques années il est également coach bénévole pour microStart.