Dans le cadre de son dossier « L’été Starters », Bizcover propose aux starters jusqu'à fin octobre des articles pour les accompagner sur la route du succès. Dans l’article d’aujourd’hui, nous suivons les premiers pas vers l’entrepreneuriat d’une jeune mère de Sint-Katelijne-Waver qui a échangé (temporairement) sa vie de banquière pour celle d’entrepreneur. Après sa grossesse, elle a fondé Rocking Seats, une jeune entreprise qui fabrique des fauteuils à bascule grâce aux médias sociaux et … un bébé qui pleure. Découvrez comment elle a pris un bon départ et vaincu la peur de faire de son rêve une réalité.

La naissance

L’année dernière, Sarah Moerenhout, alors banquière privée chez BNP Paribas Fortis, est devenue maman d’un amour de fille, Charlotte. « Sa naissance marque le début de Rocking Seats, même si à l’époque cela n’avait pas été planifié ainsi », sourit la jeune entrepreneuse. « Très vite, il s’est avéré que ma fille était un bébé qui pleurait beaucoup », raconte Sarah Moerenhout. « Tout ce qui pouvait à peu près la réconforter, était de s’asseoir avec moi dans un fauteuil à bascule. J’avais donc prévu de m’en acheter un, mais nous n’en avons trouvé aucun qui correspondait à nos exigences. Ils étaient soit trop chers, soit très laids. Je me suis donc moi-même lancée dans la conception d’un modèle. »

Tissu d’Australie, bois des États-Unis

Le fauteuil que Sarah avait dessiné lui était à l’origine uniquement destiné, mais ensuite, elle a commencé à prendre conscience qu’il y avait probablement d’autres mamans qui se retrouvaient dans la même situation. Peut-être y a-t-il là aussi une affaire à monter. « Entre-temps, j’ai pris un crédit-temps et nous nous sommes alors mis à la recherche de fournisseurs : des fabricants qui pouvaient nous produire des fauteuils en grande quantité, des fournisseurs de tissus, de bois, … Cette recherche nous a à peu près fait parcourir le monde entier. Le tissu vient d’Australie, le bois d’Amérique et quand les clients commandent des pieds de couleur, ils sont alors vernis en Belgique. J’ai visité la majorité de ces entreprises, car je voulais absolument livrer un produit honnête et responsable, sans qu’il y ait par exemple du travail d’enfants derrière.»

 

Les médias sociaux comme levier

Avec une bonne idée et un chouette prototype, on n’a pas encore de client. Comment est-ce que Sarah les a-t-elle trouvés ? « Avant d’ouvrir notre boutique en ligne, j’ai posté des photos de nos fauteuils sur Instagram et Facebook et suite à ça il y a eu énormément de réactions. À travers ces canaux, plusieurs magasins de meubles m’ont contactée pour me demander s’ils pouvaient intégrer les fauteuils dans leur gamme. Au début, c’était un peu notre préoccupation principale : comment allons-nous convaincre les magasins de vendre notre marque ? Au final ce problème ne s’est jamais posé. Nous avons au même moment créé notre boutique en ligne et c’est ainsi que la société s’est vraiment lancée. Instagram, Facebook et Google Ads restent de loin nos principaux canaux de promotion. Par exemple, ce qui a aussi été très important pour le marché néerlandais était de rendre l’expédition gratuite. Cela a convaincu de nombreux clients des Pays-Bas. »

Trouver des points de vente

Rocking Seats a maintenant sa propre boutique en ligne et trois magasins qui vendent les fauteuils à Roulers, Knokke et Anvers. « Avant la fin de l’année, il y en aura huit », dit Sarah. Son entreprise semble avoir pris un départ fulgurant. « Pour le moment oui, mais naturellement au début il y a des moments de doute et d’incertitude. Suis-je sur la bonne voie ? Y aura-t-il une demande pour ces fauteuils ? Ai-je bien évalué mon business plan ? Heureusement, il y a très vite eu des moments où j’ai pu me relever et qui ont boosté ma motivation. Notre toute première commande par exemple, était encore via e-mail parce qu’à l’époque nous n’avions même pas de boutique en ligne (dit-elle en rigolant). Ou encore le premier magasin qui a voulu vendre nos produits : c’est un moment qui m’a rendue encore plus heureuse, car c’était la preuve qu’il existe un marché pour ce produit. C’est bien entendu chouette lorsqu’un un client individuel commande un fauteuil, mais quand un magasin vous contacte, vous savez alors qu’il existe un vaste public pour votre produit. D’ailleurs, on tenait déjà ce premier magasin après une semaine. »

 

Un marché de niche ?

Sarah Moerenhout rencontre régulièrement des personnes qui lui disent qu’elle a trouvé le fameux « marché de niche », mais la jeune entrepreneuse ne le voit pas de cet œil. « Les fauteuils à bascule existent déjà, mais ils ont soit un dos assez bas ce qui les rend inconfortables, soit ils coûtent très chers, ou bien ils sont laids… En réalité, nous avons pris un produit déjà existant et nous l’avons amélioré, de telle manière qu’à présent nous vendons quelque chose d’unique en Europe. Des fauteuils comme les nôtres, vous n’en trouverez pas d’autres sur le marché. »

Vers l’étranger

Rocking Seats est lancé, mais cela ne signifie pas qu’on puisse se reposer sur ses lauriers. « Oh non, j’ai encore pleins de projets », rigole Sarah Moerenhout. « À court terme, nous aimerions nous développer dans d’autres pays et élargir notre marché, aller au-delà du Benelux. Nous sommes également en train de réfléchir à de nouveaux produits. De plus, j’aimerais augmenter la vitesse de production. Je travaille pour le moment avec un fabricant chez qui je commande environ 120 fauteuils et c’est seulement quand ces derniers sont presque tous vendus que je passe commande pour la série suivante. Des quatre modèles que nous produisons, il y en a un qui est très populaire et qui s’épuise donc plus rapidement que les autres. Pour cela, nous devons encore trouver une solution. »

Faire des choix

Officiellement, Sarah est toujours employée à la banque, même si elle a un crédit-temps. Si Rocking Seats reste un succès, elle devra faire un choix… « Oui je sais », dit-elle. « J’ai toujours aimé être créative et j’aimerais continuer encore un peu. Peut-être que je peux combiner cette activité avec mon travail à la banque si l'ensemble du processus de production et de commande est plus automatisé et que, par conséquent, il y a moins de travail manuel. Nous verrons ce que l’avenir me réserve. Ce qui est certain, c’est que le virus de l’entreprenariat m’a atteinte (rigole). »

Sarah Moerenhout

Sarah Moerenhout

Sarah Moerenhout (33) a étudié le marketing suivi d’une année complémentaire de management à Louvain. Après sa formation, elle a immédiatement commencé comme conseillère commerciale chez BNPPF, pour ensuite devenir conseillère en investissement et finalement banquière privée. Elle aime la zumba et le yoga, aller au restaurant et chercher de l'inspiration sur Pinterest, mais surtout s'amuser avec ses deux enfants et son mari.